-> Reflexions par Maurice Vigier

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Au fil des jours une question revient souvent. « Alors pour qui vas-tu voter aux présidentielles ? » La question comporte une charge anxiogène provoquée par le risque d’une victoire du RN pour une élection qui aura quand-même lieu dans un an. La réponse est le plus souvent binaire elle se limite à « le RN où ? Chacun sa solution » comme le bien ou le mal (la France on l’aime ou on la quitte). Ne conviendrait-il pas d’analyser une situation dans l’ensemble de ses contradictions ? Le mode de pensée dominant porté par le capital et vulgarisé par le MEDEF enferme le débat dans des idées binaires et linéaires que nous subissons.

L’élection présidentielle est la plus observée par nos concitoyens, elle est un piège. Elle a le caractère d’une résurgence de forme moderne de la monarchie au point d’effacer le rôle premier du parlement. Plus anti-démocratique, tu meurs ! E. Macron n’a-t-il pas été élu avec seulement 27,8 % d’adhésion… Le piège a aussi réussi à neutraliser les électorats divers en particulier l’électorat communiste. Pourtant il existe un électorat communiste malheureusement sacrifié depuis des années y compris par les stratégies zig-zag d’union à gauche. Cet électorat est soit happé par des propositions populistes ou rejeté avec ceux qui ne votent plus. Comme l’eau qui dort il représente bien plus que les 2 ou 3% crédités par les instituts de sondages.

Quoi à la place du capitalisme ? Répondre brutalement une société communiste, enferme le débat dans une pensée là aussi binaire. Le « grand soir » et la voie électorale font ici figures dépassées. La séquence de l’an passé concernant le choix d’un/ d’une premier ministre de gauche a bien montré la difficulté à rompre avec la pensée commune binaire. Il faudrait retravailler sur le communisme afin de trouver un imaginaire qui part du réel et qui n’est pas celui du capitalisme. Le développement individuel passe souvent aujourd’hui par l’implication dans des niches de réflexions et d’activités au- delà du travail, comment faire place alors à l’individu ? La revalorisation des enjeux démocratiques ne peut pas ici se réduire à seulement un positionnement politique où s’efface l’individualité et l’appropriation des décisions. L’émancipation des individus passe par une réappropriation collective qui permet de comprendre en quoi les logiques capitalistes nous aliènent. C’est donc l’ensemble des rapports sociaux qui détermine la manière dont les individus sont formés. Reprendre le travail de Lucien SEVE sur le processus de construction d’une société communiste avec l’existence actuelle de « présupposés de communisme » dans la société  aborde la reconnaissance de beaucoup d’activités gérées par l’ESS comme les mutuelles, les SCOOP… dans lesquelles les adhérents que nous sommes résument leurs présences à honorer seulement leurs adhésions laissant le champ libre au capital avec les dégâts que nous connaissons.

Juin 2026

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